Cette opération réalisée sous anesthésie générale, consiste à retirer la prostate
et les vésicules séminales et à sectionner les canaux déférents.

Dans un second temps, la continuité entre la vessie et l'urètre est rétablie par des sutures.
En fin d'intervention une sonde urinaire est mise en place dans la vessie par le canal
de l'urètre pour permettre de guider la cicatrisation interne.

La durée de cette intervention dépend des conditions anatomiques locales et peut varier de 2 à 3 heures.
Préparation avant l’intervention chirurgicale
Les formalités d'admission se feront le jour même de votre admission.
Il vous faut vous munir de votre carte d'assuré social.
L'admission se fera selon les recommandations de votre chirurgien.
La chambre aura été réservée par l'équipe médicale.
En cas de demande de chambre individuelle, il se peut que de façon exceptionnelle
la chambre seule demandée ne puisse être obtenue immédiatement
(pour des raisons administratives et ou médicales), indépendantes de la volonté
de votre chirurgien. Les surveillantes d'hospitalisation s'efforceront alors de trouver
une solution à ce problème ponctuel.
Pour tout renseignement lié à l’organisation ou l’aspect administratif
de votre intervention, vous pouvez joindre le secrétariat du Centre d’Urologie de Paris.
Après l’intervention chirurgicale
A la sortie de salle d'opération, vous serez surveillé en salle de post-anesthésie
(salle de réveil) puis on vous ramènera dans votre chambre où l'équipe soignante
prendra en charge la suite des soins.
Vous pourrez reprendre les boissons et votre alimentation légèrement le lendemain de l'intervention.
Le lendemain également, vous pourrez vous lever et on vous demandera de boire
de façon à ce que vos urines s'éclaircissent au plus vite.
Le fonctionnement intestinal peut être ralenti pendant quelques jours.
Il est recommandé de ne pas pousser pour aller à la selle (risque de saignement).
Un traitement préventif de la constipation vous sera administré et sera poursuivi jusqu'à
normalisation de votre intestin.
La sonde urinaire est reliée à une poche stérile.
Cette sonde sera laissée en place entre 5 et 7 jours puis elle sera retirée et vous serez gardé
en observation 24 à 48 heures.
Vous resterez donc entre 6 et 8 jours.
La présence de la sonde urinaire et les cicatrices peuvent générer des douleurs pendant
48 à 72 heures. Celles-ci font l'objet d'une prise en charge spécifique par l'équipe soignante
et des protocoles d'analgésie sont systématiquement mis en place pendant cette période.
Les douleurs restent cependant modérées vous autorisant notamment dès le lendemain de
l'intervention chirurgicale à vous lever et à débuter la marche.
Quelques conseils après l’intervention chirurgicale
Dès le retrait de la sonde vésicale, vous devez boire abondamment
(un litre ½ à 2 litres) pour éclaircir les urines.
Des boissons relativement abondantes doivent être maintenues et ce même si la présence
des fuites vous conduirait plutôt à vouloir vous restreindre.
Retenez que le jet peut ne pas être de très bonne qualité au début et ne deviendra vraiment normal
qu'après 6 à 8 semaines en moyenne quand la cicatrisation interne sera plus complète.
Pendant cette période, vous aurez des mictions impérieuses, des besoins d'uriner la nuit
et surtout des fuites sont fréquemment présentes, y compris parfois au repos.
Elles sont surtout significatives lors d'efforts physiques (marche, changement de position).
Vous pouvez donc avoir une certaine défaillance de votre continence urinaire
et perdre les urines sans pouvoir les contrôler. Ceci disparaîtra progressivement,
notamment par la réalisation quotidienne d'exercice d'entraînement de votre sphincter :
- 2 à 3 fois dans la journée, et pendant 2 à 3 minutes, vous devez effectuer
des efforts de contraction de l'anus pendant 5 à 6 secondes.
La contraction de l'anus entraîne automatiquement une contraction conjointe
du sphincter du canal urinaire.
- 1 à 2 fois dans la journée, lorsque vous allez uriner, il faut également
par la même manœuvre vous entraîner à interrompre le jet.
Retenez qu'au début, quelque soit la qualité de vos efforts, ceux-ci peuvent
ne pas être couronnés de succès.
Il ne faut en aucun cas vous décourager car la perte de confiance
induirait un prolongement de votre période de convalescence.
Si un saignement dans vos urines persiste ou devient tout à fait anormal et s'accompagne de caillots,
si vous ressentez des brûlures en urinant, si vous avez de la fièvre, n'hésitez pas à appeler
ou à consulter le chirurgien qui vous a opéré. Il est à votre disposition pour vous examiner,
rechercher l'origine de vos troubles, les traiter et vous rassurer.
La marche est autorisée immédiatement. Celle-ci doit être progressive et le repos est conseillé
lorsque les cicatrices deviennent douloureuses. En ce qui concerne la conduite automobile,
celle-ci est possible, progressivement également.
Les cicatrices peuvent être laissées volontairement à l'air libre, sans pansement.
Les douches sont autorisées dès le retour à domicile, en asséchant soigneusement
la région des cicatrices. Il est préférable d'attendre une quinzaine de jours avant
de prendre un bain. Les fils cutanés se résorbent spontanément. Le cas échéant, ils seront retirés
par votre chirurgien en consultation.
Il n'y a aucun régime particulier. Une constipation transitoire est fréquemment observée
et un traitement simple est généralement suffisant.
Un gonflement des cicatrices survient dans les jours qui suivent l'intervention. Ceci correspond
à une réaction inflammatoire des tissus. Ce phénomène est normal et s'atténuera progressivement
dans les semaines qui suivent.
Il est normal de ressentir une douleur lors des changements de position : cette douleur est modérée
et transitoire et ne nécessite pas de traitement particulier. La prise d'un traitement contre la douleur
peut être nécessaire (paracétamol). La prise d'aspirine est formellement déconseillée dans les 15 jours
post-opératoires. En cas de toux ou de contraction de la paroi abdominale, une contre pression
exercée avec la main sur la zone opératoire permet de diminuer la douleur.
Enfin, les efforts importants, notamment exercices sportifs et port de charges, doivent être évités
pendant les 5 semaines qui suivent la date de l'intervention.
Quelles complications peuvent survenir pendant l'intervention et lors du traitement ?
Tout acte médical, investigation, exploration, intervention sur le corps humain, même conduit
dans les conditions de compétence et de sécurité maximales, conformes aux données actuelles de
la science et de la réglementation en vigueur, recèle un risque de complication.
Les progrès technologiques ont rendu cette intervention extrêmement sûre.
L'utilisation d'appareillages sophistiqués permet de diminuer considérablement les complications.
Des difficultés d'ordre technique peuvent amener le chirurgien à décider de réaliser une
conversion chirurgicale traditionnelle.
Une hémorragie peut exceptionnellement nécessiter une réintervention chirurgicale.
Dans ces conditions, une transfusion de sang ou de dérivés peut être nécessaire.
D'autres complications sont possibles mais restent exceptionnelles, tels que les troubles cardio-vasculaires
et respiratoires, des infections, des lésions des organes de voisinage.
Le risque d'incontinence urinaire définitive est très rare.
Il est par contre tout à fait habituel de constater dans les suites immédiates de l'intervention chirurgicale
des difficultés à contrôler les urines (incontinence) et des modifications de la qualité de vos mictions.
Une prise en charge spécifique est immédiatement effectuée et des exercices vous seront enseignés
de façon à rétablir au plus vite le contrôle urinaire.
Comme vous en avez reçu l'explication, les érections sont nettement contrariées par l'intervention
chirurgicale dans les premiers temps qui suivent l'intervention.
Elles feront l'objet d'une prise en charge spécifique en consultation et ce problème sera systématiquement
abordé lors des visites post-opératoires.*
* Cette note est informative : elle a pour but de vous expliquer schématiquement votre pathologie,
son évolution habituelle, ses complications éventuelles, les traitements possibles.
Elle ne peut être exhaustive rendant compte de toutes les situations. Votre cas peut être différent
de ce qui y est décrit : votre médecin vous donnera toutes les explications plus personnelles et dans
tous les cas se tient à votre disposition pour toute information ou renseignement complémentaire.